La performance ne vaut que si elle est durable

Pendant très longtemps, les indicateurs de performances que nous avons utilisés dans l’immobilier étaient essentiellement financiers et liés à l’occupation des actifs : rendement locatif, taux de vacance et taux d’impayé, rentabilité d’une opération… A cette lecture financière est venue s’ajouter une analyse extra-financière qui valorise notre capacité à intégrer les enjeux de développement durable, c’est-à-dire environnementaux, sociaux, sociétaux, culturels, etc.

Jean-Eric Fournier, Directeur Développement Durable Covivio

Dans une période marquée par les transitions écologique, énergétique, carbone, digitale, sociétale... le bâtiment se retrouve au cœur de ces mutations, de par la multiplicité des activités qu’il abrite et de par ses modes
constructifs et de gestion.

Durant sa construction, puis tout au long de sa vie, l’immeuble est gourmand en énergie, en eau, en matériaux, rejette des émissions de gaz à effet de serre, etc. En Europe, le bâtiment représente 40% des consommations d’énergie et un quart des émissions carbone. Il est donc particulièrement visé par plusieurs directives européennes transcrites en réglementations nationales sur l’énergie, la communication d’informations non financière, etc.

Conscient des enjeux et de sa responsabilité dans ces sujets, le secteur immobilier et en particulier les grandes foncières européennes réunies au sein de l’EPRA ont anticipé l’avènement du cadre réglementaire, notamment en recourant à des certifications (HQE, BREEAM, LEED) et des labels (BBC pour les Bâtiments Basse Consommation d’énergie, BBCA pour les Bâtiment Bas Carbone, OsmoZ et Well pour le bien-être, BiodiverCity en faveur de la prise en compte de la biodiversité). Ces « signes de qualité » permettent d’anticiper les échéances légales et de défendre la valeur des actifs.

Au-delà de la performance calculée lors de la conception du bâtiment et débouchant sur un ou plusieurs de ces certificats, sont nées des certifications de la maintenance (HQE Exploitation, BREEAM In-Use) et de la gestion environnementale ou énergétique (ISO 14 001 et 50 001). De plus en plus, la performance est « monitorée » en temps réel, avec des outils nouveaux comme des plateformes permettant une télé-relève des consommations d’énergie via internet. Les données sont collectées à partir de compteurs et de sondes ou de la GTB de l’immeuble afin de piloter, dans la durée, le confort et la performance dans un même objectif de satisfaction de l’occupant et de maîtrise des charges d’exploitation. Dès 2010, Covivio s’est doté d’objectifs Développement durable et de plans d’action ambitieux : pour les bureaux France : réduction des consommations d’énergie de 40% entre 2008 et 2020 (-31% à fin 2017), hôtels Europe -40 sur la même période (-46% à fin2017). Les agences de notation extra-financière et les organismes bancaires qui financent notre développement analysent nos objectifs et nos réalisations en matière RSE au même titre que nos performances financières, pour s’assurer que notre modèle économique est durable. Le succès de notre Green Bond émis en 2016, souscrit plus de 5 fois, incarne cette convergence et la reconnaissance de nos performances financières et RSE.