Les PropTech révolutionnent l’immobilier

 

Les années 2015 – 2019 ont été celles d’un formidable développement de start-up immobilières, aussi appelées « PropTech ». Mais où en sommes-nous aujourd’hui ?

Dans tous les domaines de nos vies quotidiennes, de nouveaux acteurs digitaux sont apparus au cours de ces 5, 7 dernières années. Pour certains d’entre eux, leur croissance a été exponentielle du fait qu’ils ont réussi à renouveler les codes de la mobilité individuelle (Uber), du tourisme (Airb&b), de l’alimentation (JustEat), de la banque (N26) … L’immobilier, la construction, la gestion de la ville n’ont pas échappé à cette déferlante numérique. Grâce à des technologies devenues matures et à de nouveaux acteurs décidés à bousculer les habitudes, nous avons vu se créer de nombreuses Proptech dans le monde. En s’attaquant à un secteur habitué à des cycles longs et des modèles stables, les Proptech (rien qu’en France il en existe près de 600) challengent plusieurs briques de la chaine de valeur : la commercialisation, la personnalisation, l’optimisation de la vacance, le service aux occupants, la flexibilité, le coworking, le coliving, les parkings… Autant de secteurs qui, pour certains d’entre eux, ont été obligés de se remettre en question.

Les 2 à 3 dernières années de collaborations actives entre acteurs historiques et start-up ont contribué à une forme d’effet de mode et ont surtout permis à chacun de se tester et de se positionner. S’il y a parfois eu des excès (notamment dans les valorisations, la communication et les promesses), l’heure est maintenant à une consolidation. La plupart des grandes entreprises se sont structurées avec des Directions Innovation qui ont appris à gérer les complexités interne et externe d’une collaboration avec des start-up. En parallèle, on observe un nombre toujours important de création de nouvelles start-up PropTech mais généralement avec des approches plus robustes, mieux informées sur les spécificités du secteur de l’immobilier et plus ciblées sur les pain points du secteur.

Thomas Le Diouron, fondateur de l’accélérateur Impulse Partners

Impulse Partners regroupe près de 500 start-up ayant une activité en lien avec l’industrie, le bâtiment et les travaux publics, et l’immobilier.

Quelles conséquences à l’émergence de ces nouveaux acteurs ?

D’une part, et c’est une bonne nouvelle, le fait que les grandes entreprises ont progressivement appris à collaborer avec ces « jeunes pousses ». Que cela passe par le développement de projets communs (« Proof of Concept ») ou bien la création puis le déploiement de produits /services via des « MVP », Minimum Viable Product, les entreprises du secteur de la construction et de l’immobilier ont engagé la transformation de leurs organisations, souvent par et grâce à ces Proptech.

D’autre part, certaines de ces grandes entreprises sont allées plus loin en créant leurs propres fonds d’investissement ou en abondant dans des fonds dédiés PropTech. Ces derniers leur permettant de sourcer de potentielles start-up avec lesquelles travailler, voire décider d’y investir en direct. Dans un contexte financier propice à d’importantes levées de fonds, cela a notamment pour conséquence d’accroitre les valorisations, parfois au-delà du raisonnable, de ces jeunes sociétés.

Une chose est certaine : si cet engouement pour les PropTech permet au secteur de l’immobilier de se transformer rapidement, il convient néanmoins de rester attentif à la rentabilité future de ces nouveaux acteurs, quels qu’ils soient. Si l’urgence d’innovation et de transformation demeure, celle-ci ne doit pas se faire à n’importe quel prix.